Diagnostic de la tuberculose : le Centre Pasteur du Cameroun lance le projet LAM4RO - Centre Pasteur du Cameroun

Diagnostic de la tuberculose : le Centre Pasteur du Cameroun lance le projet LAM4RO

Le Centre Pasteur du Cameroun (CPC) franchit une nouvelle étape dans la lutte contre la tuberculose à travers l’expérimentation de méthodes de diagnostic innovantes. Réunis le 05 février 2026 dans la salle de conférences de l’institution, les partenaires impliqués dans le projet LAM4RO (LipoArabinoMananne for Recherche Opérationnelle) ont fixé le cap pour la réussite de cette initiative scientifique qui explore des approches diagnostiques basées sur l’analyse de l’air expiré et de la salive. En réponse aux limites des techniques actuelles, ce projet ambitionne de faciliter la détection précoce de la tuberculose et d’améliorer le suivi des patients, notamment dans les zones à ressources limitées.

Présentant les enjeux du projet, la Dr Valérie Donkeng du Service de Mycobactériologie du CPC, souligne que la collecte d’échantillons respiratoires constitue une alternative prometteuse. Simple, non invasive et peu coûteuse, cette méthode pourrait élargir considérablement les stratégies de dépistage, en particulier au niveau communautaire où l’accès aux laboratoires spécialisés reste encore limité.Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 10 millions de personnes contractent la tuberculose chaque année dans le monde. Pourtant, environ un tiers des cas échappe toujours au dépistage et à la notification, favorisant ainsi la transmission de la maladie et retardant la prise en charge des patients. Pour la Dr Donkeng, coordonnatrice du projet LAM4RO au CPC, cette situation s’explique en grande partie par les contraintes liées aux méthodes diagnostiques actuelles.

Apportant un éclairage scientifique sur les nouvelles pistes explorées, le Dr Stéphane Pouzol explique que plusieurs travaux de recherche ont mis en évidence la présence du LipoArabinoMananne (LAM) — une molécule associée à la paroi de la bactérie responsable de la tuberculose — dans des échantillons d’air expiré. Selon différentes études, ce biomarqueur pourrait être détecté en quantité significative chez les patients atteints de tuberculose pulmonaire, aussi bien chez l’adulte que chez l’enfant. Parallèlement, des recherches portant sur les biomarqueurs salivaires ont permis d’identifier des indicateurs biologiques prometteurs, susceptibles d’être intégrés à terme dans des tests rapides réalisables directement au point de service.

Pour la Dr Appolonie Noah, Secrétaire permanente du Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT), ce projet suscite un réel espoir. Elle met en avant la faisabilité ainsi que le rapport coût-efficacité de ces tests diagnostiques respiratoires et salivaires, à la fois rapides et non invasifs. Cette innovation intervient dans un contexte national préoccupant : au Cameroun, environ 46 000 nouveaux cas de tuberculose sont estimés chaque année, alors que près de 25 000 cas seulement sont officiellement recensés.

Le projet LAM4RO est mis en œuvre conjointement par le Centre Pasteur du Cameroun et l’Institut Pasteur de Madagascar, sous la coordination de l’Agence nationale de recherche sur le Sida, les hépatites virales et les maladies infectieuses émergentes (ANRS) et de la Fondation Mérieux. Les travaux s’étaleront sur une période de trois ans et visent à évaluer les modalités d’intégration de ces nouveaux outils dans les programmes nationaux de lutte contre la tuberculose, afin d’améliorer le triage des patients et le suivi thérapeutique.Les activités de recherche seront notamment conduites à l’Hôpital Jamot de Yaoundé et à l’Hôpital de district d’Efoulan.

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