Don de sang et hépatite B : un risque invisible qui interpelle la sécurité transfusionnelle au Cameroun - Centre Pasteur du Cameroun

Don de sang et hépatite B : un risque invisible qui interpelle la sécurité transfusionnelle au Cameroun

16 décembre 2025 Charles TSIRI 0 Comments

Le don de sang est un acte vital qui sauve chaque jour des milliers de vies. Pourtant, derrière ce geste solidaire se cache parfois un risque invisible : la transmission de l’hépatite B dite occulte, difficile à détecter avec les tests de routine.

Une étude récente menée par le Service de Virologie du Centre Pasteur du Cameroun, en collaboration avec la banque de sang de l’Hôpital Central de Yaoundé, met en lumière un enjeu majeur de santé publique et de sécurité transfusionnelle.

Qu’est-ce que l’hépatite B occulte ?

Contrairement à l’hépatite B classique, l’infection occulte se caractérise par :

des tests standards négatifs (HBsAg négatif), mais la présence du virus à très faible quantité dans le sang.

Ces donneurs paraissent sains, mais peuvent malgré tout transmettre le virus lors d’une transfusion, notamment à des patients vulnérables.

Les principaux résultats de l’étude

L’étude, réalisée entre février et juin 2025 auprès de 269 donneurs de sang à Yaoundé, révèle que :

62 % des donneurs présentaient des marqueurs d’un contact antérieur avec le virus de l’hépatite B ;

chez 3,3 % des donneurs, le virus était encore détectable grâce à des techniques moléculaires très sensibles ;

deux génotypes du virus, A et E, circulent actuellement dans la population étudiée.

Ces résultats confirment l’existence d’un risque résiduel de transmission, même lorsque les tests classiques sont négatifs.

Un défi pour les banques de sang

La détection de ce virus « caché » nécessite des tests moléculaires avancés, efficaces mais coûteux et peu accessibles dans de nombreux contextes à ressources limitées.

Exclure systématiquement tous les donneurs porteurs d’anticorps anti-hépatite B réduirait drastiquement le nombre de dons disponibles, aggravant ainsi la pénurie de sang, déjà critique dans le pays.

La vaccination : une solution durable et abordable

Face à ces contraintes, les chercheurs soulignent que la stratégie la plus efficace, réaliste et économiquement accessible reste :
la vaccination systématique et obligatoire contre l’hépatite B.

Cette approche permettrait :

de protéger durablement les donneurs et les receveurs,

de réduire le risque transfusionnel,

et de renforcer la confiance dans le système de santé.

Un enjeu collectif

Cette étude rappelle que la sécurité transfusionnelle ne repose pas uniquement sur la technologie, mais aussi sur des politiques de prévention solides, une sensibilisation continue et un engagement collectif en faveur de la vaccination.

Investir dans la prévention aujourd’hui, c’est sauver des vies demain.

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