Le 22 avril, la salle de conférences du Centre Pasteur du Cameroun a accueilli la 77ᵉ édition des Mercredis de Pasteur, consacrée à une problématique aussi ancienne que préoccupante : les envenimations par morsures de serpents. Cette rencontre scientifique de haut niveau s’est tenue en présence du Pr Louis Richard Njock, Secrétaire général du MINSANTE.
Pr Louis Richard Njock confirme la détermination des pouvoirs publics à lutter contre les morsures de serpent
Dans son mot introductif, le Dr Mirdad Kazanji, Directeur général du CPC a rappelé l’ampleur mondiale de ce fléau, responsable de milliers de victimes chaque année. Classées comme maladie tropicale négligée par l’OMS depuis 2017, les envenimations restent particulièrement préoccupantes en Afrique, notamment au Cameroun, où les populations rurales sont les plus exposées.
Modérés par le Dr Nko’Ayissi Barthélémy Georges, expert reconnu du domaine, et sous-directeur des Maladies Tropicales Négligées au MINSANTE, les échanges ont permis de mettre en lumière les réalités épidémiologiques et socioculturelles liées aux morsures de serpents.
Dr Nko’Ayissi Barthélémy Georges modérateur
Le Dr Tatiana Djikeussi, responsable principal de la recherche technique à la Fondation Elizabeth Glaser, a souligné qu’environ 5 millions de morsures surviennent chaque année dans le monde, dont 2,7 millions entraînent une envenimation. Ces accidents causent entre 80 000 et 140 000 décès, ainsi que de nombreux handicaps permanents, touchant majoritairement les communautés rurales en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Malgré l’existence de traitements efficaces, ces cas restent largement sous-déclarés.
Dr Tatiana Djikeussi
Le Dr Likeng, du service de vaccination et de traitement antirabique du CPC, a détaillé les signes cliniques d’une envenimation : traces de crochets, saignements, anémies, paresthésies, troubles de la vision ou du goût, vomissements et douleurs intenses. Ces manifestations relèvent de syndromes hématotoxiques, cytotoxiques ou neurotoxiques.
Dr Marcel Likeng, Centre Pasteur du Cameroun
En provenance de l’hôpital de district de Mayo-Oulo, le Dr Awelsa Benoit a insisté sur la prise en charge en milieu rural. Il a rappelé les gestes essentiels à adopter : rassurer la victime, immobiliser le membre atteint, maintenir la zone en dessous du niveau du cœur, surveiller les fonctions vitales et transférer rapidement le patient vers une structure de santé. Il a également mis en garde contre les pratiques inappropriées et souligné l’importance d’un protocole clinique rigoureux basé sur l’évaluation, l’indication de l’antivenin et la surveillance.
Dr Benoit Awelsa, HD de Mayo-Oulo
Les responsables présents ont aussi salué l’engagement de 2N Pharmaceutique aux côtés des pouvoirs publics pour améliorer la disponibilité des sérums antivenimeux.
Dr Francis NOUMEN
Malgré les avancées, de nombreux défis persistent : retards de consultation, insuffisance d’antivenins, recours à la médecine traditionnelle, difficultés d’accès aux soins et manque de personnel formé. Autant d’obstacles qui rappellent l’urgence de renforcer les stratégies de prévention et de prise en charge au Cameroun.
Envenimations par morsures de serpents au Cameroun : enjeux et défis d’une urgence de santé publique
Le 22 avril, la salle de conférences du Centre Pasteur du Cameroun a accueilli la 77ᵉ édition des Mercredis de Pasteur, consacrée à une problématique aussi ancienne que préoccupante : les envenimations par morsures de serpents. Cette rencontre scientifique de haut niveau s’est tenue en présence du Pr Louis Richard Njock, Secrétaire général du MINSANTE.
Dans son mot introductif, le Dr Mirdad Kazanji, Directeur général du CPC a rappelé l’ampleur mondiale de ce fléau, responsable de milliers de victimes chaque année. Classées comme maladie tropicale négligée par l’OMS depuis 2017, les envenimations restent particulièrement préoccupantes en Afrique, notamment au Cameroun, où les populations rurales sont les plus exposées.
Modérés par le Dr Nko’Ayissi Barthélémy Georges, expert reconnu du domaine, et sous-directeur des Maladies Tropicales Négligées au MINSANTE, les échanges ont permis de mettre en lumière les réalités épidémiologiques et socioculturelles liées aux morsures de serpents.
Le Dr Tatiana Djikeussi, responsable principal de la recherche technique à la Fondation Elizabeth Glaser, a souligné qu’environ 5 millions de morsures surviennent chaque année dans le monde, dont 2,7 millions entraînent une envenimation. Ces accidents causent entre 80 000 et 140 000 décès, ainsi que de nombreux handicaps permanents, touchant majoritairement les communautés rurales en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Malgré l’existence de traitements efficaces, ces cas restent largement sous-déclarés.
Le Dr Likeng, du service de vaccination et de traitement antirabique du CPC, a détaillé les signes cliniques d’une envenimation : traces de crochets, saignements, anémies, paresthésies, troubles de la vision ou du goût, vomissements et douleurs intenses. Ces manifestations relèvent de syndromes hématotoxiques, cytotoxiques ou neurotoxiques.
En provenance de l’hôpital de district de Mayo-Oulo, le Dr Awelsa Benoit a insisté sur la prise en charge en milieu rural. Il a rappelé les gestes essentiels à adopter : rassurer la victime, immobiliser le membre atteint, maintenir la zone en dessous du niveau du cœur, surveiller les fonctions vitales et transférer rapidement le patient vers une structure de santé. Il a également mis en garde contre les pratiques inappropriées et souligné l’importance d’un protocole clinique rigoureux basé sur l’évaluation, l’indication de l’antivenin et la surveillance.
Les responsables présents ont aussi salué l’engagement de 2N Pharmaceutique aux côtés des pouvoirs publics pour améliorer la disponibilité des sérums antivenimeux.
Malgré les avancées, de nombreux défis persistent : retards de consultation, insuffisance d’antivenins, recours à la médecine traditionnelle, difficultés d’accès aux soins et manque de personnel formé. Autant d’obstacles qui rappellent l’urgence de renforcer les stratégies de prévention et de prise en charge au Cameroun.
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